Description du sujet. Le développement économique du Cameroun à travers la réalisation de certains projets
structurants à l’instar du Port en eau profonde de Kribi et de l’autoroute Kribi – Lolabé, marque le début de l’ère
des grands projets générateurs de croissance et de richesse. La mise en place de ces projets contribue au
développement de la ville de Kribi avec la multiplication des activités à caractère industriel, économique et
social. Mais en dépit des retombées économiques énormes, les effets négatifs sont considérables et ce sont les
populations locales notamment les pygmées qui en sont victimes, une situation qui soulève des questions de
justice environnementale.
Objectif. Ce travail vise à analyser les impacts environnementaux liés à l’édification du PAK et de comprendre
les retombées des projets aux peuples autochtones (pygmées), déplacés des zones sous emprise des projets et
relocalisés dans la zone de recasement de Lolabé 3 tout en explorant les défis de justice environnementale liée à
cette situation.
Méthodes.La démarche méthodologique a consisté à une analyse qualitative via la MARP (entretiens,
observations, vidéos, audios, focus group) dans les campements des pygmées déplacés et réinstallés afin de
recueillir leurs perceptions et sentiments sur la situation actuelle. Au total, 11 entretiens avec un traitement par
matrice de cotation (1-5) ont été réalisés avec 50 personnes en groupes ou individuels pour collecter les
informations sur les paramètres caractérisant les impacts, les injustices liées à cette délocalisation et
relocalisation de pygmées. Les images satellitales Landsat de 2000, 2010 et 2020 ont été utilisées pour l’analyse
diachronique de l’utilisation du sol.
Résultats. Les résultats ont montré que l’implémentation du projet du Complexe industrialo -portuaire de Kribi a
contribué au désenclavement de la zone et a joué un rôle majeur dans la desserte des grandes métropoles du
Cameroun et au-delà, de la zone CEMAC. Toutefois, la biodiversité et les écosystèmes, l’économie locale, les us
et coutumes, de même que la qualité de vie des populations locales pendant et après son implémentation sont
sérieusement impactés, notamment les pygmées. En effet, les participations publiques jugées primordiales pour
toutes les parties prenantes n’ont pas préalablement été respectées dans ce processus de réinstallation
involontaire des pygmées, traduisant ainsi une situation d’injustice spatiale et environnementale et sociale.
Conclusion. La construction de ces projets d’infrastructures favorise la dégradation de l’environnement et les
déplacements et les relocalisations qui ont des impacts significatifs sur les populations locales, notamment les
pygmées pourtant sédentarisés, qui subissent de graves injustices environnementales au risque de devenir des
sans-abris.