Etude comparative des caractéristiques de quelques charbons de bois vendus dans la Ville de Kinshasa et du biogaz produit à partir des déchets organiques ménagers
RESUME
Description du sujet. Cette étude aborde la problématique de déforestation et de pollution de l’air intérieur
causée par l’utilisation des charbons de bois dans la Ville de Kinshasa et la possibilité de leur remplacement par
le biogaz produit à partir des déchets organiques ménagers.
Objectif. Ce travail vise à identifier et à caractériser les charbons de bois vendus dans la Ville de Kinshasa afin
de trouver ceux qui sont moins polluants mais avec des pouvoirs calorifiques élevés d’une part et d’autre part, de
produire le biogaz à partir des déchets organiques ménagers rencontrés dans la Ville de Kinshasa et de comparer
son pouvoir calorifique à celui du meilleur charbon de bois trouvé.
Méthodes. L’identification et la caractérisation physico-chimique de quelques charbons de bois vendus dans la
Ville de Kinshasa et des déchets organiques ménagers étaient faites. Ensuite, une analyse comparative des
caractéristiques de ces charbons de bois et du biogaz produit était réalisée, en exploitant notamment leur pouvoir
calorifique inférieur (PCI).
Résultats. Les résultats de cette étude indiquent que Millettia laurentii (PCI = 8,45 kWh/kg), Erythrophleum
africanum (PCI = 8,29 kWh/kg) et Eucalyptus camaldulensis (PCI = 7,87 kWh/kg) avaient des PCI dans la plage
rencontrée dans la littérature pour des charbons de bois de bonne qualité. Hymenocardia acida (PCI = 6,43
kWh/kg) avait le plus faible PCI de tous les charbons de bois analysés, Pentaclethra eetveldeana (PCI = 7,42
kWh/kg) et Eucalyptus camaldulensis avaient des teneurs en humidité relativement élevées (~ 8 %). Ces teneurs
en humidité élevées pourraient causer une forte pollution de l’air intérieur suite à la toxicité élevée du CO
produit lors de la combustion incomplète, comparés à d’autres charbons de bois qui avaient des teneurs en
humidité faibles (~ 4 %). Le PCI de biogaz produit était de 6,46 kWh/m3. Cette quantité d’énergie pourrait
substituer jusqu’à 76,45 % l’utilisation des charbons de bois de Millettia laurentii pour une quantité de ce dernier
évaluée à 1 kg.
Conclusion. Millettia laurentii était le meilleur charbon de bois trouvé en termes de faible pouvoir polluant et de
PCI élevé. La substitution efficace des charbons de bois par le biogaz issu des déchets organiques ménagers dans
la Ville de Kinshasa ne serait possible qu’en cas de la mise en œuvre de cette technologie en grande échelle et en
optimisant le rendement en méthane de ces déchets.
Beaudrique Nsimba Mboko, Haddy Mbuyi Katshiatshia, Norbert Basosila Lolofo, Pius Mpiana Tshimankinda et Pierre Luhata Lokadi