Cartographie des zones touchées par l'érosion du sol et son évolution dans la cité de Muanda (quartiers Malamba-Bendo, Océan et Vulumba) en République Démocratique du Congo, de 1985 à 2024
RESUME
Description du sujet. Muanda est une ville de la province du Kongo-Central en République Démocratique du
Congo qui est confrontée à des érosions rapides des sols et des côtes, exacerbée par l'urbanisation désordonnée,
la déforestation et le manque d'infrastructures de drainage. Ces phénomènes mettent en péril les formes de vie
locales, les écosystèmes et les infrastructures.
Objectif. L'objectif de cette étude est d'identifier et de représenter géographiquement les zones exposées à
l'érosion du sol et d'évaluer son évolution temporelle entre 1985 et 2024 afin de mieux planifier la gestion du sol
dans la cité de Muanda.
Méthode. Des données qualitatives et quantitatives ont été utilisées dans une approche multi-procédurale.
L'étude repose sur une revue de la littérature, des observations de terrain et des données issues de prélèvements
sur le terrain. Elle intègre également l'utilisation d'images satellitaires provenant de bases de données existantes
pour identifier et analyser les zones sensibles à l'érosion du sol. La numérisation des limites géomorphologiques
des zones d'érosion a été réalisée à partir de travaux de photo-interprétation d'images aériennes (Landsat,
Sentinel et autres) dans un Système d’Information Géographique (SIG). L'analyse a été effectuée en deux
dimensions (2D), avec une échelle définie, permettant une interprétation précise de ces zones. Le processus a été
exécuté à l'aide du logiciel ArcGIS (version 10.2), dans une classe d’entités (feature class) intégrée à une
géodatabase fichier (file geodatabase).
Résultats. Les résultats ont révélé que les quartiers Malamba-Bendo et Océan subissent des phénomènes rapides
d'érosion du sol en raison de la nature du sol dominée par le sable, ce qui les rend vulnérables au ravinement. Les
dommages causés par les pluies sur une vaste surface dans la ville de Moanda sont rapidement transformés par
des érosions urbaines. L'étude démontre une forte évolution des érosions dans les quartiers étudiés au cours des
années 1985-2024. Il ressort que pour le quartier Malamba-Bendo 1 à 4,5 ha, Océan 0,57 à 7 ha et Vulumba 0,38
à 6,1 ha.
Conclusion. La reforestation, l'aménagement de canaux de drainage et une planification urbaine améliorée sont
des mesures essentielles pour ralentir ce phénomène et préserver les populations locales. Une cartographie
détaillée des zones d'érosion serait bénéfique pour les futures études sur l'érosion à Muanda. Cela permettrait de
mieux cibler les interventions et de suivre leur évolution dans le temps. Par ailleurs, il serait intéressant d'inclure
des études sur les causes anthropiques et naturelles de l'érosion afin de développer des stratégies de gestion
adaptées. De plus, il serait important d'impliquer les communautés locales dans la planification et la réalisation
des projets afin d'assurer leur efficacité et leur durabilité.
Pascaline Nyamungu, Jean-Paul Massampu Mambote, Jeancy Ntuka Luta Alasca Ekuya, Firmin Kanda Sthikala, Matumona Mbila, Arsène Keyengi Baziota, Joseph Kamuha Muserume, Carine Yadoli Kosanga, Bonaventure Lele