Description du sujet. Le littoral congolais, long de seulement 42 kilomètres, constitue une interface écologique
sensible entre la terre et l’océan Atlantique. Il abrite des écosystèmes fragiles tels que les mangroves, les forêts et
les savanes, aujourd’hui menacés par l’occupation croissante des sols, la pression démographique et l’érosion
côtière.
Objectifs. La présente étude vise à évaluer l’impact des activités socioéconomiques menées sur les écosystèmes
littoraux de la RDC et à analyser l’évolution des paysages et des écosystèmes côtiers entre 1988 et 2023.
Méthodes. L’étude s’appuie sur l’analyse d’images satellitaires issues des capteurs Landsat (TM, ETM+ et OLI)
et de Google Earth, traitées par la classification supervisée (algorithme de type « Maximum de Vraisemblance »)
sous ArcGIS Desktop 10.8 et comparées diachroniquement sur la période 1988-2023 afin de détecter les
dynamiques spatio-temporelles et les changements des paysages.
Résultats. Les résultats révèlent une transformation progressive du littoral : régression des formations végétales
naturelles (mangroves, savanes et forêts humides) et expansion rapide des zones anthropisées et dégradées (sols
nus, habitats et cultures). La zone anthropique a connu une augmentation de près de 3720 ha, soit +20 %, avec
une accélération marquée entre 2000 et 2010 (+2745 ha).
Conclusion. Cette dynamique résulte en grande partie de l’anthropisation exercée par les populations locales et
migrantes, notamment via l’expansion des espaces bâtis et agricoles. Ces transformations traduisent une
dégradation progressive des écosystèmes littoraux, soulignant l’urgence d’instaurer des stratégies de gestion
durable, de restauration écologique et de gouvernance territoriale intégrée.