ISSN : 2708-7743 (print), eISSN : 2708-5422

Arbitrages entre stockage du carbone et biodiversité en milieu tropical : analyse comparative des forêts mixtes et monodominantes du Bassin du Congo

RESUME

Description du sujet. Les relations entre la biodiversité et le stockage du carbone sont essentielles pour la conservation des forêts tropicales et l’atténuation des changements climatiques. Elles demeurent cependant peu documentées dans les forêts monodominantes du Bassin du Congo.

Objectif. Cette étude vise à comparer la diversité taxonomique, le stockage du carbone aérien et leurs interrelations au sein de forêts mixtes à Scorodophloeus zenkeri Harms et de forêts monodominantes à Gilbertiodendron dewevrei (De Wild.) J. Léonard dans la Réserve de Biosphère de Yangambi (République Démocratique du Congo).

Méthodes. Deux parcelles de 1 ha ont été installées, incluant quatre placettes de 25 m × 25 m échantillonnées par type forestier. Tous les arbres de diamètre à hauteur de poitrine (DHP) supérieure 10 cm ont été inventoriés. La biomasse et les stocks de carbone ont été estimés via une équation allométrique adaptée aux forêts denses humides d’Afrique centrale. La diversité taxonomique a été évaluée à l’aide des nombres de Hill, tandis que la composition floristique a été analysée par un positionnement multidimensionnel non métrique (NMDS) et une analyse de variance multivariée sur permutational (PERMANOVA).

Résultats. Les forêts mixtes présentaient une diversité taxonomique significativement plus élevée et une composition floristique distincte de celles des forêts monodominantes. En revanche, aucune différence significative n’a été détectée concernant les stocks de carbone aérien ni pour les relations fonctionnelles entre la diversité taxonomique et le stockage du carbone.

Conclusion. La biodiversité et le stockage du carbone constituent des dimensions complémentaires des forêts tropicales matures du Bassin du Congo. Ces résultats soulignent la nécessité de conserver conjointement les massifs forestiers mixtes et monodominantes pour garantir la résilience de ces écosystèmes.

Jean-Pierre Azenge, Esther Ndongo, Joël Mobunda, Jean-Pierre Pitchou Meniko